La maladie de Raynaud

La maladie de Raynaud

Au froid, vos doigts deviennent blancs puis rouges brutalement. Vous souffrez peut-être de la maladie de Raynaud, une affection fréquente qui touche surtout les femmes.


La maladie de Raynaud, nommée aujourd’hui par les médecins : phénomène de Raynaud, affecte généralement la circulation des doigts qui deviennent soudain blancs, tout engourdis parfois douloureux lors d’une crise. Le froid, une baisse soudaine de température… sont souvent à l’origine de ces manifestations.

Elle se caractérise par un spasme des vaisseaux au niveau des extrémités (mains, ou pieds, nez, …). Un phénomène impressionnant mais généralement bénin et des solutions existent pour être soulagé. Certaines conditions peuvent déclencher ou accentuer les symptômes d’une maladie de Raynaud. Le facteur le plus courant est une exposition au froid ou une baisse brutale de température entraînant une vasoconstriction. Lorsque la maladie progresse, les crises ont tendance à se multiplier.

Dans la plupart des cas, cette affection est bénigne. En revanche, les 5 % des cas se révèlent plus problématiques : le phénomène de Raynaud peut alors être une manifestation d’une maladie plus grave comme une sclérodermie (une atteinte de la peau caractérisée par son durcissement) ou un lupus.

Les causes

Dans 95 % des cas on ne connaît pas la cause précise de la maladie de Raynaud. C’est une maladie chronique qui dans la plupart des cas n’a pas de cause identifiable. Un Français sur 10 serait concerné. La maladie débute généralement à l’adolescence et touche en particulier les femmes. Elle peut durer toute une vie, ou se manifester pendant plusieurs années et disparaître brutalement, par exemple à l’occasion d’une grossesse.

Elle peut être déclenchée par des médicaments (comme certains anti-hypertenseurs, anti-migraineux…), ou par certaines activités professionnelles. Les travailleurs se servant d’outils mécaniques émettant de fortes vibrations (marteau piqueur, scie à la chaîne) sont plus exposés à la maladie de Raynaud. Certaines affections peuvent « prédisposer » à la survenue de la maladie de Raynaud : la sclérodermie, la polyarthrite rhumatoïde, etc. Enfin, le facteur psychologique interviendrait, cette affection surviendrait plus souvent chez des personnes anxieuses et stressées. Ce dernier élément n’est cependant pas réellement prouvé, c’est quelque fois quand on trouve difficilement les causes, qu’en médecine, on avance ce genre d’argument…

Certains facteurs peuvent favoriser le développement de la maladie, sans pour autant en être la cause. Parmi les facteurs favorisants, on trouve la cigarette, le cannabis et le fait de travailler à l’extérieur ou en contact avec le froid. Bouchers et jardiniers sont donc plus susceptibles de présenter une maladie de Raynaud que les informaticiens !

Les symptômes

Les symptômes de la maladie de Raynaud sont facilement reconnaissables.

Inutile de passer ses vacances en Sibérie pour expérimenter le phénomène de Raynaud. Il suffit d’un écart de température de seulement quelques degrés pour le déclencher. Cela peut même survenir l’été chez les personnes concernées, en plongeant ses mains dans une piscine à 21°C par une journée d’août où la température s’élève à 28°C.

Un spasme se crée alors au niveau des capillaires sanguins de la peau. Les vaisseaux se contractent brutalement ce qui provoque une décoloration des mains : elles blanchissent. Puis, quelques secondes plus tard, ils se dilatent et la peau rougit. Sa couleur peut même évoluer jusqu’au violet si la crise persiste. Toutes les extrémités peuvent être touchées par ce phénomène. Les mains, les pieds, mais aussi le nez, les oreilles, les joues et les mamelons.

Une crise d’une maladie de Raynaud peut s’avérer douloureuse et durer plusieurs minutes. Elle se manifeste généralement par des symptômes comme :
– Un engourdissement, des picotements dans les doigts (symptômes du doigt mort),
– Les doigts sont très pâles, blancs,
– Puis souvent des douleurs surviennent quand la circulation sanguine se rétablit environ après 30 minutes à deux heures. Les doigts deviennent alors rouges.

La description des symptômes que vous en ferez au médecin sera donc déterminante pour le diagnostic de la maladie.

Le diagnostic

Pour établir un diagnostic de maladie de Raynaud, en plus de l’analyse des symptômes, le médecin s’intéressera à votre profession. Les personnes qui utilisent des engins vibrants (marteau piqueur, tronçonneuse) peuvent développer un phénomène de Raynaud voire une occlusion des artères des mains. Il s’agit alors d’une maladie professionnelle.

Dernière chose, le praticien se renseignera sur vos traitements. Certains médicaments, comme les bêtabloquants (pour traiter l’hypertension artérielle) favorisent le phénomène.

Il pratiquera ensuite un examen clinique pour confirmer son diagnostic. En particulier, il se livrera au test d’Allen pour vérifier que le spasme caractéristique de la maladie n’est pas dû, en réalité, à une artère défectueuse. Il s’agit de comprimer l’artère radiale et cubitale (au niveau du poignet) puis de demander au patient d’ouvrir et de fermer la main jusqu’à ce que celle-ci se décolore.

Le médecin relâche ensuite la pression et observe la “recoloration” de la main. Si l’un des doigts reste blanc et se recolore plus lentement que les autres, c’est le signe qu’une artère fonctionne mal.

Des examens complémentaires sont parfois nécessaires pour confirmer ou infirmer le diagnostic.
> Un bilan sanguin (prise de sang) : il permet de vérifier qu’il n’y a aucun signe d’inflammation. Sinon, cela peut être le signe d’une autre maladie comme la sclérodermie ou le lupus.
> La capillaroscopie : cet examen est pratiqué par un médecin vasculaire. Le spécialiste visualise au microscope les capillaires sanguins près du rebord de l’ongle. Il étudie leur nombre et leur forme. Dans le cas d’un phénomène de Raynaud, l’examen est normal. Au contraire, si le patient souffre d’une sclérodermie, les vaisseaux seront particulièrement volumineux.

Les traitements

Il n’existe pas véritablement de traitements curatifs. L’idée, c’est surtout de soulager les symptômes pour qu’ils deviennent beaucoup plus supportables. Cela se traduit d’abord par quelques petites astuces au quotidien. En particulier, on protège efficacement ses extrémités pendant l’hiver.

Pour les formes handicapantes de la maladie, il existe des traitements pour diminuer la fréquence des crises, voire une intervention chirurgicale (rarement indiquée). Les autres solutions consistent à se protéger les mains d’une exposition au froid. Le spécialiste de cette affection est un médecin vasculaire.

Par ailleurs, les personnes qui souffrent de cette maladie ont souvent la peau sèche. Une bonne hydratation grâce à une crème adaptée permet de diminuer la sensibilité au changement de température.

Pour les fumeurs, une priorité : arrêter la cigarette. Cela améliore considérablement les symptômes.

Si les conseils pratiques ne suffisent pas, c’est le cas notamment lorsque la profession implique un contact avec le froid, le médecin pourra prescrire des traitements.
> Des vasodilatateurs : ces comprimés seront pris généralement pendant la période hivernale pour améliorer transitoirement la sensibilité au froid.

> Des médicaments inhibiteurs calciques : si la maladie de Raynaud reste encore trop handicapante, on pourra passer aux inhibiteurs calciques. Mais ces médicaments, très efficaces, peuvent présenter aussi beaucoup d’effets secondaires (maux de tête, bouffées de chaleur…).
Quant à l’opération chirurgicale, elle se pratique dans de très rares cas et uniquement lorsque les poussées du phénomène de Raynaud sont sévères et découlent d’une autre maladie (artérite ou sclérodermie).

Il s’agit d’une sympathectomie thoracique endoscopique. En clair, on sectionne un nerf sous l’aisselle pour provoquer la dilatation des vaisseaux. Trois petites incisions sont nécessaires pour faire passer une mini-caméra et les fins instruments de chirurgie. Le tout sous anesthésie générale.

Nos astuces

La priorité : se protéger efficacement du froid. Pour cela, on ne lésine pas sur les astuces.

> Une paire de gants, c’est bien… Mais on peut encore faire mieux. Multipliez les couches : portez des gants de soie très fins sous vos gants habituels pour un meilleur confort thermique (en vente dans les magasins de sport).

> Vous partez au ski ? Optez pour des chaufferettes. Ces “coussinets” se transforment en mini bouillottes quand vous les malaxez. A glisser dans vos poches, à l’intérieur de vos gants et même sous vos pieds!

> A tester : certaines personnes pratiquent une sorte de rééducation quotidienne. Elles plongent leurs mains quelques minutes dans de l’eau tiède puis elles baissent la température jour après jour afin de repousser leur seuil de sensibilité.

> Évitez de fumer car cela aggrave les symptômes.

> Évitez de vous blesser les mains.

> Consultez votre médecin traitant au moindre doute, pour les cas graves, il pourra vous adresser vers un spécialiste : un médecin vasculaire ou un spécialiste de médecine interne.

 

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