Un vaccin contre le zona prouve son efficacité

Un vaccin contre le zona prouve son efficacité

Un nouveau vaccin contre le zona vient pour la première fois de démontrer une très bonne efficacité, rapportent des chercheurs américains du laboratoire pharmaceutique GSK dans la revue New England Journal of Medicine. «Le vaccin contre le zona est un réel progrès qui vise la qualité de vie, en particulier des plus âgés», confirme le professeur de gériatrie et de biologie du vieillissement Gilles Berrut au CHU de Nantes.

Le zona provoque de vives douleurs sur la peau qui ne disparaissent pas au bout de quelques semaines dans environ 20 % des cas et perdurent même au-delà d’un an dans 1 % des cas. Le risque de contracter cette pathologie, une réactivation du virus de la varicelle que l’on a eue enfant, augmente avec l’âge et la baisse d’activité du système immunitaire qui l’accompagne. Le zona touche dans 60 % des cas les plus de 50 ans et la moitié des plus de 85 ans. «Dans 40 % des cas, il survient suite à un événement stressant dans la vie de la personne», précise Gilles Berrut.

250.000 nouveaux cas chaque année

L’étude avec placebo effectuée auprès de 15.400 patients de plus de 50 ans répartis dans 18 pays montre que le vaccin baptisé HZ/su a permis d’éviter l’apparition d’un zona dans 97 % des cas, et cela quel que soit l’âge des personnes vaccinées. Il est formé d’une protéine du virus de la varicelle et d’un nouvel adjuvant ciblant les cellules immunitaires capables de contrer la réactivation du virus.

Avec un recul de trois ans, il n’a présenté aucun effet indésirable notable. Actuellement, un seul vaccin contre le zona existe, constitué d’un virus atténué, et sa commercialisation en Europe est autorisée depuis 2006. Cependant, sa faible efficacité chez les personnes âgées explique que son «amélioration de service médical rendu» ait été jugée de «mineure» par la Haute Autorité de santé l’an dernier.

Le traitement habituel du zona repose sur l’application d’un antiviral dès les premiers symptômes, mais les douleurs qu’il occasionne sont difficiles à traiter car, comme le précise Gilles Berrut, «son atteinte directe des nerfs périphériques qu’il infecte crée une douleur particulière particulièrement désagréable sur laquelle les antalgiques classiques ont peu d’effet et qui retentit sur le moral de la personne». Ses complications peuvent être préoccupantes, la plus fréquente étant celle de la forme ophtalmique qui entraîne dans 6 à 7 % des cas une baisse de la vue, voire la cécité.

2500 hospitalisations

L’enjeu d’un tel vaccin pour la santé publique est important car plus de 250.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année en France, occasionnant environ 2500 hospitalisations d’une durée moyenne de 8 jours, selon une enquête de l’Inserm faite en 2010. Ces chiffres ne peuvent qu’augmenter avec le vieillissement de la population mais aussi de l’augmentation du nombre des personnes les plus à risque de déclarer un zona, telles que celles sous traitement immunodépresseur ou anticancéreux et les diabétiques. De plus, une récidive de zona se produit dans environ 1 % des cas, notamment chez ces populations à risque.

Il reste à déterminer la durée de la protection fournie par ce vaccin et s’il est aussi efficace chez les personnes immunodéprimées que chez les personnes de plus de 50 ans.

Bénigne durant l’enfance, la varicelle affecte également 32.000 adultes par an en France et s’avère alors beaucoup plus dangereuse. Une récente étude de l’Inserm a calculé que la vaccination des adultes n’ayant jamais eu la varicelle et exposés à la maladie diminuerait de 32 % les hospitalisations. Elle permettrait peut-être aussi de prévenir un zona ultérieur chez ces personnes.

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