Cigarette électronique : l’appel des associations

Cigarette électronique : l’appel des associations

En France, la cigarette électronique suscite encore méfiance et critiques. Les risques sur la santé de ce dispositif pour arrêter de fumer nourrissent l’opposition des anti-vapoteurs. En réaction, huit associations françaises ont rejoint l’avis favorable des autorités britanniques sur l’e-cigarette. Elles demandent au gouvernement de s’emparer de cette problématique pour lutter contre un fléau à l’origine de 78 000 décès chaque année en France. 

Publié le 28 avril par le Collège Royal des Médecins britanniques, le rapport « La nicotine sans la fumée : la réduction des méfaits du tabac » va dans le sens des vapoteurs. « La cigarette électronique est susceptible d’être bénéfique pour la santé publique », détaille l’autorité rassemblant 32 000 médecins. « Les fumeurs peuvent être encouragés à l’utiliser comme alternative au tabac ». Et « à long terme, les méfaits de l’e-cigarette représentent probablement 5%, voire moins, de ceux occasionnés par le tabac ». Des déclarations corroborant la publication du Public Health England. Datée de l’été 2014, cette dernière déclarait que la vape était au moins 95% moins nocive que le tabagisme.

En France, 8 associations* s’alignent sur cette position. Pour faire reculer le tabagisme, les politiques devraient – selon ces dernières – s’appuyer davantage sur l’implication des fumeurs dans la consommation… et donc le sevrage. « Comme la quasi-totalité des outils de réduction des risque, la cigarette électronique s’est développé sous l’influence des utilisateurs ». Et en quelques années, « les forums, les réseaux sociaux et les boutiques spécialisées sont devenus des lieux d’échange et de soutien ».  A distance ou en face à face, ces derniers « permettent aux fumeurs de s’informer et de progresser vers une réduction de consommation ou une abstinence du tabac ». Enfin les études menées sur l’utilisation de vapoteuse dans une logique de réduction des risques « accompagnent et sécurisent (…) les usagers dans leurs pratiques ».

Une réalité mal perçue ?

Des faits difficiles à ignorer. Mais « les autorités de Santé Publique sont restées sourdes à cette expertise venue du terrain puis de la communauté scientifique », dénoncent les 8 associations d’une même voix. Par ailleurs, la « loi de modernisation de notre état de santé » et la Directive européenne sur les produits du tabac iraient à l’encontre du développement de la vapoteuse. Précisément, « [ces mesures] favorisent les cigarettes électroniques commercialisées par l’industrie du tabac », mettant alors en première ligne une logique de rentabilité (gain des industriels du tabac) plutôt que thérapeutique (bénéfices pour la santé liés au sevrage tabagique).

Pour rapprocher le milieu politique de cette problématique, les associations appellent à la présence de la ministre en charge de la Santé à l’occasion du 1e Sommet de la vape organisé ce 9 mai à Paris.

*signataires : Dr Anne Borgne, Réseau de prévention des addictions (RESPADD) – Jean-Pierre Couteron, Fédération Addiction – Brice Lepoutre, Aiduce – Jean-Louis Loirat, Oppelia – Dr William Lowenstein, SOS Addictions – Pr Amine Benyamina, Fédération Française d’Addictologie – Pr Michel Reynaud, Actions Addictions – Dr Pierre Rouzaud, Tabac & Liberté – Dr Alain Rigaud, Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.